La jeunesse marocaine et la politique
- Pourquoi 18 ans et non pas, par exemple, 19 ou 17 ans?
- Sur quels types de critères sociologique et politique repose cette détermination ?
- Sur quelles études et enquêtes ?
- Sur quel type de projection s'appuie-t-on pour conférer à leur participation un impact significatif et décisif?
« Allô ! Allô ! Oui… papa…
Oui, j’ai bien passé mon examen…
Merci…
Mais je n’ai pas pu répondre à la question : Combien y a-t-il de partis politiques au Maroc ?… »
Il s’agit là d’une conversation téléphonique entre un jeune étudiant et son père. Elle s’est déroulée devant moi, dans le train, il y a déjà presque une année. J’avais en face de moi, un jeune de 17 ans qui venait de passer un concours d’entrée à l’une des grandes Ecoles marocaines à Casablanca. Ecoles qui n’admettent pour l’épreuve de sélection que les bacheliers ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 15/20. Le jeune est donc forcément excellent en tout, sauf en politique.
Ce jeune ainsi que ceux de son âge seront bientôt sollicités. Les élections communales prévues pour juin prochain se préparent déjà. La mobilisation de l’ensemble des acteurs officiels et institutionnels atteint aujourd'hui sa vitesse de croisière. Dans ce paysage effervescent, la jeunesse aura son mot à dire : elle est attendue. Le spot radio les invite d'ailleurs à s'inscrire au plus vite pour obtenir leur carte d'électeur: l'objectif déclaré est de leur permettre "d'exprimer leurs aspirations et de participer à l'édification de l'avenir de leur commune".
[...] La jeunesse marocaine et la politique Allô ! Allô ! Oui papa Oui, j’ai bien passé mon examen Merci Mais je n’ai pas pu répondre à la question : combien y a-t-il de partis politiques au Maroc ? Il s’agit là d’une conversation téléphonique entre un jeune étudiant et son père. Elle s’est déroulée devant moi, dans le train, il y a déjà presque une année. J’avais en face de moi, un jeune de 17 ans qui venait de passer un concours d’entrée à l’une des grandes Écoles marocaines à Casablanca. [...]
[...] Dans l'absence de l'éducation politique ou de la crainte qu'inspire la politique? Voyons d'abord ce qu'en pensent les jeunes eux-mêmes. Les réponses avancées par les jeunes se présentent en termes d'appréciation de la place qui leur est réservée dans la vie politique: Source: Consultation nationale des jeunes, p.171. Sentiments de rejet, d'exclusion et faillite de l'éducation politique, deux raisons principales soulevées par les jeunes enquêtés et qui expliqueraient l'obstacle se dressant devant leur accès à l'espace d'organisation politique. Parmi les inactifs, les analphabètes et les exclus du système scolaire, cette marginalisation produit également chez un sur quatre des jeunes enquêtés (25,8 le sentiment d'être inutiles socialement. [...]
[...] Il faut bien penser à juguler l'hémorragie des déperditions qui hypothèque sérieusement l'avenir de la jeunesse. Et l'avenir de la jeunesse, c'est en fait l'avenir du pays. Il est à espérer que cette décision de baisser l'âge de vote parviendra à rassurer cette population afin de lui donner confiance en elle- même et d'améliorer l'image qu'elle construit sur les acteurs de la nouvelle gouvernance. Perçue positivement, il ne serait sans doute pas excessif d'ériger cette volonté de politisation officielle en une sorte de réhabilitation de cette masse d'exclus. C'est un premier pas. [...]
[...] Une portion plus importante, près de la moitié, ne termine pas les études au collège. Tandis que le pourcentage de jeunes pouvant atteindre le lycée sans pour autant aller au-delà ne représente que Sur 18.109 individus enquêtés, seulement 930, soit d'entre eux déclarent avoir terminé les études. Les des exclus du système scolaire n'ont pas trouvé de travail. Ces données nous permettent de vérifier la corrélation entre, d'un côté, le "niveau d'instruction", le "chômage" et, de l'autre, le degré d'implication ou de dés-implication (marginalisation) des jeunes dans la vie politique signalée plus haut. [...]
[...] La voix des jeunes ne doit pas être ni un carcan ni un moyen pour atteindre des fins particulières. Ce pacte devrait être assorti d'un programme d'information et de sensibilisation aux questions politiques nationales et internationales. Une campagne d'informations autour des principales questions communales est urgente. Tout ce qui s'y rapporte doit être expliqué et simplifié: législation, organisation, gestion, partenariat, développement, autant d'axes thématiques devant être déclinés pour que le jeune dispose d'une visibilité optimale de la situation. Cette visibilité est fonction de la compréhension maximalisée des enjeux publics et politiques. [...]
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